Capture One 6

déc 03, 2010 3 Commentaires

Tout juste un an après l’apparition de Capture One 5, voici que Phase One remet ça avec une nouvelle version majeure de son logiciel de dématriçage.
Capture One 6 vient combler une lacune importante : l’absence de corrections locales non destructive. Alors que ses principaux concurrents (Lightroom 3, Aperture 3 et Bibble) offraient ces options depuis déjà quelque temps, C1 s’en trouvait dépourvu. Le manque est enfin comblé…

Bien qu’importante et primordiale aux yeux des aficionados du format RAW, le nouveau Capture One ne se résume pas aux seules corrections locales. Capture One 6, c’est aussi un outil de corrections des perspectives intuitif, un convertisseur Noir & Blanc performant et une multitude d’autres petits détails si pratique au quotidien : mode plein écran, personnalisation des barres d’outils, de l’interface de travail et des raccourcis claviers… Avec en plus la reconnaissance du format XMP, des fichiers vidéo et des options de catalogage qui s’étoffent.

Avant de vous présenter la liste complète des nouveautés et les ressources Web sur le sujet, je vais porter le focus sur quelques points de détails. En complément, vous trouverez très prochainement sur ce site et celui du magazine LemondedelaPhoto.com des didacticiels pour vous faciliter la prise en main du logiciel.

Importation, tri, catalogage…

Malheureusement, pour ceux qui espéraient trouver une intégration poussée d’Expression Media dans C1, cela seront plus que déçus.

Personnellement, je ne crois pas à une intégration totale d’EM au sein de Capture One. Ce que l’on demande à un catalogueur, c’est de pouvoir gérer des fichiers. Avec la vidéo qui arrive à grands pas, pourquoi ne pas le doter aussi de fonctions de montage ? Le catalogueur doit rester un outil de tri, de recherche et d’archivage.

Le nouvel outil de recherche ressemble comme 2 gouttes d’eau à celui d’Aperture 3…

Par contre, une meilleure interaction entre C1 et EM est souhaitable et tout à fait envisageable. J’entends par là, la reconnaissance par EM des réglages effectués avec C1, par exemple via le format DNG, bien qu’après avoir interrogé Phase One sur le sujet, le doute soit de mise sur cette option. Cela est tout à fait envisageable au travers du format propriétaire EIP mis en place par Phase One. Voire même la possibilité qu’EM puisse convertir un fichier EIP en JPEG ou TIFF. Cela est déjà possible avec les NEF Nikon…

L’import d’images et de vidéos à partir d’une carte mémoire offre les outils de base: renommage, Copyright et en version Pro l’application de Styles et Presets

Au passage, notons que l’on peut maintenant attribuer des notes et des labels de couleurs. Sur ce point, j’ai d’ailleurs fait une demande auprès du développement pour voir s’il était possible d’ajouter deux marqueurs supplémentaires : une croix pour rejeter des images et un drapeau pour faciliter l’opération de tri. Requête qui a été transmise…

Peinture fraiche

L’utilisation des corrections locales est simple. Au premier coup de pinceau, un calque est créé. Vous peignez la zone à corriger en ajustant la taille du pinceau (1) et la diffusion du contour (2) d’un clic droit de souris sur l’image. Pour gommer, maintenez la touche [Alt] enfoncée ou appuyez sur la touche [E]. Dans ce cas, utilisez ensuite le raccourci [B] pour pouvoir peintre à nouveau une partie de votre photo.

A gauche avec un « Hardness » à 0 et à droite à 100

Juste au dessous de la liste des calques (3), se trouvent les réglages sur lesquels vous pouvez influer (4). Aperture et Lightroom sont plus étoffés sur ce point, mais pressé par le temps pour répondre à ses concurrents, des concessions ont dû être faites. Elles portent donc sur une liste de réglages pour l’instant restreinte et l’impossibilité actuellement de ne pas pouvoir s’appuyer en plus du pinceau sur un filtre dégradé. Reste que  les possibilités offertes avec les réglages actuels sont vastes et conviennent pour 85% des cas.

Petite mise en garde ; si vous voulez jouer sur l’ensemble des réglages de l’image, pensez à sélectionner le calque Background (5), sinon vous resterez sur le calque de retouche et certains outils ne seront pas actifs.

Nouvelles perspectives…

En sus du pinceau, on trouve au sein de la barre d’outils un nouvel icône dénommé Keystone. Ce n’est ni plus ni moins qu’un astucieux outil de redressement des perspectives. Un clic sur l’icône (1) affiche selon l’option choisie ( clic gauche maintenu sur l’icône de l’outil) deux droites verticales ou/et horizontales (3) à placer en alignement des lignes à redresser sur votre image. Pour application, cliquez enfin au centre de l’image (4).

Sachez tout de même que vous avez aussi le choix de travailler à l’ancienne en jouant sur les curseurs du panneau ROTATION et KEYSTONE qui se trouvent dans l’onglet Composition.

L’outil recadre automatiquement pour que des zones sans structure ne soient visibles. Pour visualiser l’image dans sa nouvelle composition, appuyez sur la touche [H] de votre clavier. Keystone peut aussi être appelé via le raccourci [K].

Du Noir au Blanc

La conversion Noir & Blanc fait aussi son apparition. Faisant appel à un mélangeur de couleur, son utilisation est simpliste, et en de nombreux points très proche de ce que propose Lightroom.

Plus besoin de passer par la personnalisation de profil adapté. Cochez la case Enable Black and White du panneau Color Sensitivity (1) et déplacez les 6 curseurs pour obtenir l’effet que vous désirez. Pour créer un virage de couleur, ça se passe dans l’onglet Split Tones (2).

L’interface

Radicalement revue depuis sa version 4, Capture One propose depuis ce temps là une interface unique pour Windows et Mac OS… Comme le démontre la capture ci-après, cette interface présente l’avantage de pouvoir placé les différents panneaux d’outils ou bon vous semble, voire même de les masquer. Un petit avantage aux possesseurs de Mac OS, le volet des outils de correction (1) et celui des miniatures peuvent être automatiquement escamotés…

Pour aller un peu plus loin, la barre d’outils supérieure pourra aussi être masquée et personnalisée. Vous pourrez supprimer ou ajouter de nouveaux outils de la même manière que cela se fait avec Aperture. Dans le même esprit, presque toutes les fonctions peuvent être appelées via des raccourcis claviers eux aussi entièrement paramétrables.

Film Fixe

La première véritable nouveauté se trouve au sein du navigateur des miniatures. Vous pouvez maintenant l’afficher comme le Film Fixe de Lightroom (en 1 ci-dessous).

Les vignettes peuvent maintenant être présentées sont forme de film fixe comme dans Lightroom ou Aperture

La loupe

L’autre nouveauté se trouve sous l’icône Zoom de la barre d’outil : la loupe. Pour l’activer, maintenir le bouton gauche de la souris enfoncé au dessus de l’icône Zoom utiliser le raccourci [P]. Pour agrandir le rapport, jouez avec la roulette de votre souris. Superbe et très réactif. Un peu plus que celle d’Aperture…

Plein écran

Enfin, la dernière se présente sous la forme d’un affichage plein écran (Cmd + Shift + > ou F11 sous Windows). Là encore, la similitude avec Aperture est assez frappante. Cette option est très agréable pour travailler, d’autant que tous les panneaux de réglages peuvent être appelés en tant que palette flottante. Rien que du bonheur.

Présenter son travail

S’appuyant sans doute sur les possibilités qu’offre Expression Media, la présentation de son travail se voit nettement améliorée avec un module Diaporama, Impression et publication sur le Web de planches contact. Les précédentes moutures possédaient quelques fonctions similaires, mais l’on sent cette fois-ci qu’elles sont plus complètes et réellement utilisables.

Phase One n’a pas lésiné sur la communication et je vous invite à consulter les vidéos de présentation disponibles sur le site.

Le mot de la fin

Avec cette nouvelle version de Capture One, Phase One nous surprend agréablement et démontre s’il en est besoin que la société Danoise est présente, réactive et entend bien être un acteur majeure dans le post traitement de fichiers RAW.

Pour les possesseurs d’une version enregistrée d’Expression Media, il faudra tout de même compter près de 300€ pour se payer la version complète (et la plus intéressante) de C1, je parle de Capture One PRO. Et s’il faut y ajouter EM, le prix passe alors à 448€. Cela reste cher par rapport à la concurrence.

Pour lutter à armes égales avec les géants que sont Aperture et surtout Adobe Photoshop Lightroom, il faudra encore travailler et surtout peut être revoir son tarif. Surtout en ces temps de « disette financière »…

Mais peut être que la première cible de Phase One n’est pas de gagner tout de suite de nouvelles parts de marché mais de stabiliser celles gagnées… En tout cas, je vais mettre à jour ma version PRO car cet outil est très performant et reste un must en qualité de dématriçage. De plus, ces options automatiques sont judicieuses et font gagner un temps précieux.

Prenez l’Express…

Pour la version de base renommée Express, à 99€ ou 49€ pour une mise à jour cela reste aussi une bonne affaire. Vous avez les outils élémentaires pour post-traiter un RAW avec depuis peu l’intégration de l’éditeur de couleur qui pourra vous rendre de fiers services. C1 étant en terme de colorimétrie et de rendu relativement proche de Canon DPP, c’est peut-être le moment de changer de dématriceur…

Durant la période d’essais vous pouvez basculez au choix entre la version Express ou PRO

Ce qui fâche

Nul n’est parfait et comme Canon DPP en son temps qui s’obstinait à ne pas proposer la possibilité de redresser les horizons, Capture One s’obstine à pêcher sur deux points.

L’absence d’un réglage Vibrance a du plus en plus de mal à s’expliquer. On peut effectivement passer par l’éditeur de couleurs, mais honnêtement, cela ne présente pas la même souplesse d’utilisation. Sur ce point, il faudrait venir à rectifier rapidement le tir.

Enfin, le fait de ne pas rattacher les données de traitement de C1 lors d’un export DNG nous gêne. Je trouve cette ligne de conduite dérangeante est restrictive. Mais pour en avoir assez longuement parlé avec le responsable du développement, je doute que cela change.

Dernier grief, la traduction… Confiée à un nouveau prestataire, cette dernière a pris du retard est se trouve incomplète. Si c’est un marqueur indiquant que Phase One se met la pression à démontrer qu’ils sont présents sur ce secteur des logiciels de post-traitement, cela ne fait pas professionnel et c’est des trois points noirs celui qui me déplait le plus. Pas su le fond, mais surtout sur la forme.

Sources

Vous trouverez ci-après une liste de liens pointant vers les principales sources d’informations qui vous seront utiles. Sachez que C1 est disponible à l’essai pour une période de 30 jours. Un seul fichier vous donnera accès au choix à la version Express ou PRO. Vous pourrez ainsi facilement comparer les différences entre les 2.

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3 commentaires pour le post “Capture One 6”

  1. Nikolas says:

    ce que je regrette juste avec C1 c’est le sous-dossier qu’il injecte dans chaque dossiers des images (quand on exploite en mode Explorateur), le poids de ce sous-dossier contenant les vignettes est assez lourd au final

    • Seb says:

      Bonjour,

      C’est un des inconvénients. Par contre ca peut être limité avec l’emploi du format EIP qui lui, intègre le RAW et les paramètres de traitement de C1. Un peu comme du DNG… Sans en offrir la même compatibilité :(

      Je reviendrai rapidement sur ce point dans une prochaine présentation.

      Amicalement

      Seb

  2. Nikolas says:

    En effet l’EIP est un bon choix mais moins compatible si traitement sous un autre logiciel…

    ce choix de C1P est assez problématique et volumineux à la longue (en moyenne je tourne avec un dossier pesant dans les 190 Mo)

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