De Lightroom à Capture One: ce qu’il faut savoir

oct 01, 2013 4 Commentaires

Lr-to-C1

Comme lorsque l’on change de marque d’appareil photo, il est important de mesurer le pour et le contre d’une telle décision. Utilisant tant Lightroom que Capture One, nous ne chercherons pas à influencer votre choix. Entre autres parce qu’il y a d’excellents articles sur le sujet et notamment sur Digital Photography Reviews.

Par contre, nous avons choisi de prendre le problème du coté de la mise en oeuvre de la bascule. L’annonce de la sortie de Capture One 7.1.4 étant une parfaite excuse, puisque le dématriceur Danois propose d’importer directement les catalogues de Lightroom.

Lightroom to Capture One

Ecrire les métadonnées automatiquement facilite le dialogue entre les logiciels de catalogage comme de post-traitement. Attention, aux règles de synchronisation qui peuvent annuler le travail fait précédemment, voire corrompre le fichier… Un écueil que devrait éviter l’import de catalogues « Autres », comme Lightroom par exemple

Evidemment, avant cette annonce, passer de Lightroom à Capture One était réalisable. Il fallait pour cela s’assurer que chaque image possédait son « Sidecar » au format XMP. Mais çette solution ne permettait de synchroniser que les métadonnées. C’est déjà bien mais  il y avait quelques contraintes. Par exemple l’impossibilité de récupérer les Libellés de couleur ou encore les Marques (Neutre, Rejetée, Retenue).

Import catalogue Lightroom dans Capture One

Depuis la version 7.1.3, Capture One propose d’importer des catalogues « Autres ». Pour l’instant, seul Lightroom est pris en charge. Capture One 7.1.4 rendant cette option compatible avec Mac OS X et Windows.

Alors que peut-on attendre du nouvel outil d’importation de catalogues tiers et en l’occurrence de catalogue Lightroom ? Capture One tiendra-t’il ses promesses ? C’est ce à quoi nous allons tâcher de répondre thème par thème.

Notes sur le process employé
Nos tests ont été effectués avec un échantillon de fichiers natifs NEF, CR2, mais aussi des  TIF, des JPEG et quelques copies virtuelles. Les catalogues qui ont tenté d’être convertis sont issus de Lightroom 5 et Lightroom 4. Les machines utilisées sont un Macbook Pro 2.3Ghz équipé de 16Go de RAM ainsi qu’un Mac Pro Dual Core 2.66Ghz équipé de 32Go, tout les 2 sous Mac OS X 10.8.4. 

Copies virtuelles et format de fichiers

Pour éviter d’alourdir les disques dur, Capture One comme Lightroom est capable de dupliquer des photos sans pour autant qu’elles soient physiquement copiées sur le disque dur. Elles n’existent que virtuellement sous la forme de jeux d’instructions propriétaires (lignes de texte).

On les trouve sous la dénomination de Copies virtuelles dans Lightroom et Variantes dans Capture One. Jusque là, le mimétisme est quasiment parfait. Sauf que la version actuelle de Capture One ne reconnait pas les Copies virtuelles. Elles ne seront donc pas importées dans votre catalogue Capture One malgré ce que pourrait le faire penser le rapport d’importation de Capture One…

Copie virtuelles Lightroom to Capture One

En haut à gauche l’original et ses deux copies virtuelles dans Lightroom. A sa droite, la fenêtre de dialogue affirmant que 3 fichiers ont été importés. En bas, dans Capture One, seul l’original est présent avec une interprétation colorimétrique un peu hasardeuse…

N’oubliez pas que si vous avez des fichiers PSD, ils ne pourront pas être du voyage, Capture One n’étant actuellement pas compatible avec ce format d’image numérique. Vous n’aurez d’autres salut que de les gérer autrement ou les convertir dans un format compatible.

Petite note au sujet des fichiers Tif, il semble qu’il faille s’ils possèdent des calques aplatir les calques s’ils en possèdent.

Les Collections

Les Collections étant devenues pour nous indispensables dans la gestion de nos catalogues, nous n’envisageons pas de ne plus pouvoir nous y appuyer et surtout de ne pas les retrouver dans un nouveau logiciel de catalogage. Une chance Phase One nous affirme que la nouvelle « moulinette » de Capture One sait les rapatrier sous forme d’ »Albums« .

Pour mettre un peu de piment à notre test, nous avions quelques Collections statiques placées dans des Sous-ensembles… Résultat: Même pas peur. Capture One a su facilement convertir nos Ensembles de Collections et Collections statiques en Album et Ensembles d’Albums.

Album intelligents Capture One

Les Collections Dynamiques de Lightroom n’étant pas automatiquement rapatriées dans Capture One, il faudra les créer au sein de ce dernier.

Il y a tout de même une ombre, mais on ne peut pas parler d’un manque ou d’un oubli puisque Phase One annonce la couleur en précisant que les Collections Dynamiques ne sont pas importées. Il faudra créer de nouveaux Albums Intelligents en veillant de retrouver aux mieux les règles créées dans Lightroom. Nul n’est parfait…

Qu'est ce qu'un album ou une collection ?
Lorsque sa photothèque augmente au fil des années, voire tout bonnement des mois, on se trouve rapidement limité par l’organisation rigide et pyramidale des explorateurs de fichiers des systèmes d’exploitation. Attitré une image à un seul dossier est vite devenu trop restrictif. Des clichés de fleurs avec un insecte pouvant être placé dans un dossier Insecte, comme dans un dossier Fleur.

Albums dans C1, Aperture ou Picasa, Collections dans Lightroom ou encore Jeux de catalogues dans Iview et Media Pro, ces termes désignent des dossiers virtuels qui n’existent qu’au sein des bases de données des logiciels de gestion et de traitement d’image. Ils ont l’avantage de pouvoir virtuellement affecter une photo à plusieurs dossiers sans avoir à la dupliquer. Avec des fichiers de plus en plus lourds, le gain de place et loin d’être anecdotique.

De plus, les modifications apportées à une image sont visibles à partir de n’importe quel Album ou Collection auxquels elle appartient. Notez que Lightroom propose de créer des copie virtuelles lors de la création d’une Collection. Bien utile pour se créer un dossier virtuel de travail par exemple.

Mieux encore, les Albums intelligent et Collections Dynamiques « industrialisent » le classement de vos clichés. En effet, il suffit de créer des règles de différentiation en fonction de mot-clefs, Libellés de couleurs ou autres métadonnées de type Exifs ou IPTC pour ventiler automatiquement ses images dans l’un ou l’autre de ces dossiers virtuels.

Il n’est donc pas étonnant que ce type d’archivage se soit rapidement imposés comme le meilleur amis des photographes, leur permettant ainsi de s’appuyer sur une structure organisationnelle légère et robuste.

Les métadonnées

Que vous vous appuyez sur l’import de fichiers accompagnés de sidecar XMP sur l’outil d’importation de catalogues Lightroom, vous ne pourrez pas récupérer vos libellés de couleur et marques (Rejetée, Neutre et Marquée). En fin de ce paragraphe, vous trouverez une solution de contournement s’appuyant sur les collections.

Pour les autres données, nous n’avons pas noté de problèmes particuliers. Nous ne sommes pas infaillible, mais les métadonnées couramment utilisées sont bien synchronisées.

Retrouver les Libellés de couleur et les Marques dans Capture One

Pour ne pas perdre le travail effectué dans Lightroom au sujet des libellés de couleur il suffit juste de jouer avec les Collections Statiques et Dynamiques.

Pas à pas

Figure 1: Commençons par créer  au sein du module Bibliothèque de Lightroom, un Ensemble de collections que nous appellerons « Libellés ».

Collections-01

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Figure 2: Maintenant, allez dans le panneau Catalogue de Lightroom et sélectionnez « Toutes les photos ».

Lightrom toutes les photos

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Figure 3: Activez le menu « Edition>Sélectionnez par libellé de couleur>Rouge » pour filtrer les images possédant une balise de couleur rouge.

Collection-02

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Figure 4: Cliquez sur le bouton (+) qui se trouve à droite du panneau « Collections » et créez une collection statique comme ci-dessus. Vérifiez de la placer dans le sous ensemble « Libellés » et que la case « Inclure les photos sélectionnées » est bien cochée.

Collections-03

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Figure 5: Après importations dans C1, Glissez-Déposez les photos des albums sur les balises de couleur correspondantes.

Albums C1

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Pour les Marques (Neutre, Rejetée, Retenue), on agira de la même manière, en créant un ensemble de collections, puis en ventilant les photos dans des collections adaptées. Par contre, elles resteront dans les Albums, Capture One ne gérant pas ce type de Métadonnées.

Collections Lr et Albums

Conseil pour les marques: Pour les images appartenant à un album « Retenue », attribuez-leur un mot-clef « Retenue ». Idem avec les autres marques…

Interprétation des tons et des couleurs

Bien que Phase One annonce être en mesure d’interpréter approximativement les corrections colorimétriques et tonales des fichiers traités avec Lightroom, il ne faut pas en attendre des miracles.

Pourquoi ? Tout bonnement parce que ce qui fait la force et la faiblesse de ces 2 logiciels, c’est d’avoir leur propre moteur de conversion et par là même des recettes de gestion des couleurs et du contraste qui leur appartient et qu’il sera difficile de décrypter… Dès lors, on comprend facilement que Capture One ne saura pas interpréter sans vaille les valeurs de balance des blancs, d’exposition, de contraste ou encore de saturation de Lightroom.

Melange couleur Lightroom et Capture One

A gauche la version Lightroom et à droite, sa version importée dans Capture One. Si vous vous êtes appuyé sur le mélangeur de couche de Lightroom pour obtenir une version N&B, Capture One ne saura pas l’interpréter…

Cette différence de rendu sera d’autant plus éloquante que Capture One ne sait pas reconnaître les retouches locales, les virages partiels, les modifications TSL, les conversions monochromatiques –via l’outil de mélange des couleurs de Lightroom– ni le traitement apporté avec Lightroom concernant les aberrations des objectifs. Et parions, que cela va durer bien au-delà de la période de « Bêta test« .

Fichiers Masters ou Raw...?

Une alternative existe concernant la visiualisation du rendu Lightroom dans Capture One. Elle consiste non plus à gérer des fichiers natifs avec leurs ajustements paramétriques, mais des fichiers Tiff convertis par Lightroom.

Dès lors, vous ne gérez plus des Raw mais des fichiers que l’on appelle Masters. Attention, on parle là de fichiers Tiff 16 bits.

Le problème, c’est que c’est une option délicate à mettre en place lorsque sa photothèque comporte plusieurs milliers d’images. Mais tout est possible…

Les autres réglages…

Nous avons volontairement dissocié les réglages de base et colorimétriques des ajustement portant sur le cadrage des images. On entend par là, le re-cadrage, l’orientation et la rotation des images. L’orientation définissant l’action de redresser des lignes verticales ou horizontales et la rotation celle de basculer les clichés dans le sens horaire  (ou antihoraire) d’un multiple de 90°.

Après quelques errements, nous avons pu conclure que la synchronisation s’effectue sans anicroches… Sauf si l’original possède une ou plusieurs copies virtuelles. Dans ce cas, Capture One ne sait pas différencier les ajustements apportés à l’original de ceux apportés sur la coipe virtuelle. Pour le coup, il convertit les deniers réglages enregistrés par Lightroom.

Pour exemple, vous effectué un cadrage personnalisé sur l’original, puis un autre cadrage sur sa copie virtuelle, et bien capture One synchronisera le cadrage effectué sur la copie virtuelle. Mais si vous étiez revenu pour modifier le cadrage de l’original, il aurait récupérer le rapport de ce dernier cadrage… Et c’est vrai pour tous les paramètres d’ajustement qu’il sait interpréter…

Cadrage Capture One

En haut, les vignettes de prévisualisation dans Lightroom. En bas, on observe qu’après import dans Capture One, les information de recadrage, Orientation et Rotation ont été préservés.

Mais pas de panique, les cas sont rares en ce qui concerne les recadrages et autres types de rotation (et compris Orientation).

Conclusion

Alors, au final, que penser ce nouvel outil qu’est l’Importation de catalogues « Autres » ? Tout dépend si l’on se place du coté du verre à moitié vide ou du verre à moitié plein.

Du coté du verre à moitié vide…

Il faut reconnaitre que laisser de coté les copies virtuelles, les PSD, les Libellés et les Marques ne nous a pas enchanté. Heureusement que nous avons trouvé une parade pour ces deux derniers éléments, sinon, nous aurions étaient vraiment déçus.

Reste l’épineuse question de savoir s’il faut ou pas récupérer les ajustements réalisés avec Lightroom.

Autant pour le cadrage, l’orientation (y compris la rotation), nous apprécions de pouvoir nous y fier (sauf si présence de copies virtuelles), autant nous trouvons aussi inutile que ridicule la tentative de synchronisation de l’exposition, du contraste, de la balance des blancs ou encore de la saturation. Surtout que pour cette dernière, les utilisateurs de Lightroom font plus souvent confiance à la Vibrance, qui n’est pas au programme de Capture One.

Capture One

Au niveau des bémols, il y a encore du travail concernant la traduction. Oubli de virgules, erreurs d’orthographe… Sans parler d’une connaissance imparfaite de la version française de Lightroom. En effet, il n’y a pas de Tag de couleur, mais des libellés. Le pire étant la référence aux collections, où là, le terme est complètement ignoré et remplacé par Album. En tout cas, ça fait pas très sérieux.

Du coté du verre à moitié plein…

S’il n’y a pas de quoi se saouler (…), on apprécie l’effort fourni par Phase One. Même si simplifier le process du passage de Lightroom à Capture One peut leur apporter une clientèle supplémentaire. Néanmoins, tout les éditeurs de logiciels n’en font pas autant. Surtout que c’est pour le coup une possible source de mécontentement supplémentaire si l’opération se passe mal.

Mais après quelques balbutiements avec la version 7.1.3 pour laquelle l’import de catalogues n’était ouvert qu’au Mac OS X, Capture One 7.1.4 laisse entrevoir le meilleur pour un passage de Lightroom vers C1 en douceur.

Métadonnées préservées (à quelques notes près) et Collections rapatriées sont les points forts de ce nouvel outil. Cerise sur le gâteau, les ajustements jouant sur le cadrage sont correctement synchronisés en on ne s’en plaindra pas. Et puis, c’est tout de même mieux que ce que propose la concurrence.

Epilogue…

Dans ce contexte nous verrions d’un bon oeil la possibilité de choisir ce que l’on désire importer ou pas. Notamment concernant l’importation de la balance des blancs  et la tonalité des images.

Importation d images Capture One

Nous pourrions opter pour ne pas récupérer les données de Lightroom, mais appliquer à la place un « Style«  créé dans Capture One et/ou une case à cocher pour appliquer les réglages automatiques comme le propose la fenêtre de dialogue Importer les images (CF capture ci-dessus). A avoir une approximation dans les ajustements, autant se baser sur les outils de Capture One…

Enfin, il faudrait trouver une parade pour –si ce n’est prendre en charge– afficher la présence de fichiers autres du type PSD. Phase One ayant dans ses cartons ce qu’il faut pour ça…

Pour le reste, évidemment, sans verser dans l’irréalisable, on souhaiterait pouvoir convertir les Libellés en Balises de couleur et voir les Marques prises en charge par C1. L’avenir nous dira si nous avons été écoutés.

La suite au prochain épisode…

Sources

Visitez le site Phase One.

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4 commentaires pour le post “De Lightroom à Capture One: ce qu’il faut savoir”

  1. Kilroy says:

    A la lecture de cet article, on a surtout l’impression que Lightroom offre plus de possibilités que Capture One en termes de classement ou de retouche.
    Quel est l’intérêt de passer à Capture One ? Le moteur de dématricage est il à ce point meilleur pour justifier le passage de l’un à l’autre ?

    Pour ma part, je suis passé de Capture One à Lightroom 1 et je ne songe pas à revenir en arrière !

    • Seb says:

      Bonjour,

      je vais commencer par répondre en prenant les question à l’envers…

      Pour ce qui est du moteur de conversion, ils sont dans des registres un peu différents, mais excellent tout les deux. Personnellement, je privilégie Capture One, quand j’ai une balance colorimétrique rotor. J’ai plus de facilité à trouver ce que je veux avec Capture One. Par contre, pour la récupération des hautes lumières, Lightroom pose son homme. Par contre, la récupération des basses lumières se fait de manière plus propre car Capturez One gère très bien la présence du bruit numérique.

      Je dira que Capture One, de part son historique souffre plus quand il faut gérer des lumières difficiles. Par contre, pour ajuster la colorimétrie, il est plus intuitif et n’a rien a envier à Lightroom sur ce point.

      En ce qui concernbe le catalogage, depuis le rachat d’Expression Media, lui même « ex-iView », les progrès ont été très significatifs. Attention, C1 gère bien les balises de couleur. Il a juste un problème pour convertir celles de Lightroom vers son propre système. Par contre, oui, il lui manque des Marques.

      C’est comme entre Canon et Nikon… Il y a ce qui aiment et ceux qui n’aiment pas. Mais là encore, tout dépendra de ce à quoi on accorde le plus d’importance.

      En tout cas, Phase One a très bien travaillé et s’il reste du chemin, les dernières versions prouvent qu’ils ne se sont pas perdus en route. Pour Lightroom aussi il reste du chemin, mais ils n’ont pas pris tout les 2 la même route.

      Amicalement

      Seb

  2. Thierry Monasse says:

    Et si on a convertit quelques fichiers RAW en DNG, est ce que C1 peut les prendre en charge comme le RAW original?
    Dans mon cas, je me sert de Lightroom que comme « déRAWtiseur »

    Merci

    • Seb says:

      Bonjour Thierry,

      Si on a convertit quelques fichiers, ce n’est pas véritablement un souci dans le sens où C1 reconnaîtra les DNG. Il manquera juste certaines métadonnées du type « Numéro de série » de l’appareil, valeur de la balance des blancs originale, ainsi que la date de création originale du fichier. Effectivement, en ayant converti en DNG, on a la date de création du DNG. Mais dans les Exifs, la date de la capture reste celle du jour où elle a été réalisée. Donc, on est bon.

      Seb

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