Développer ses fichiers Raw avec DPP (Onglet RVB)

jan 29, 2007 18 Commentaires

Après avoir précédemment abordé les aspects Trier et L’onglet RAW, nous allons détailler les fonctionnalités présentent dans l’onglet RVB. Celui-ci et configurable pour toutes vos images Raw, JPG et Tiff. Son atout se trouve dans la possibilité de modeler la courbe des tons afin de re-équilibrer l’histogramme.

Cet article a été revu, corrigé et adapté pour la version 3.4.1 de DPP. cette dernière semble nettement améliorer le rendu des Hautes lumières.

L’histogramme

Avant de rentrer dans le vif du sujet il est bon de connaître quelques bases essentielles qui vous serviront tout au long de votre pratique de la photo numérique. Parmi ces fondamentaux, l’histogramme est un outil indispensable en photo numérique. Il montre la répartition des niveaux de luminosité de votre photo. Du plus foncé (à gauche) au plus clair (à droite).

Fig.1 Histogramme

- A gauche (Rouge), la zones où se trouvent les tons foncés de votre image.

- Au centre (Vert), la zone où se trouvent les tons clairs de votre image.

- A droite (bleu), la zone où se trouvent les tons foncés de votre image.

Pour vous aider à mieux comprendre et interpréter les informations que délivre l’histogramme, vous trouverez ci-après quelques exemples de cas typique de photos sous-exposée (Fig.2), sur-exposée (Fig.3) et à contre-jour (Fig.4).

Sous Exposition
Cas banal, les informations sont tassées dans la zone foncée.

Fig.2

Sur-Exposition
Tout l’inverse de la « sous-ex. », les informations sont tassées dans la zone claire.

Fig.3

Contre-jour
Image à fort contraste. Beaucoup d’information dans les basses et hautes lumières. Les tons moyens ne présentent que peu d’informations. Cas typique et délicat…

Fig.4

Théoriquement, une image parfaitement exposée serait une image qui aurait un histogramme en dos de dromadaire (une bosse…). Mais attention, une image présentant nativement une importante zone sombre (pull noir et cheveux brun lors d’un portrait) pourrait être mal interprétée et considérée à tord comme sous-exposée. C’est là qu’intervient la pertinence de votre jugement. Nous allons le voir au paragraphe suivant…

Ajuster les niveaux

Ajuster les niveaux va permettre de répartir de manière optimale les valeurs lumineuses de la capture. Le but de l’opération est de ramener les curseurs de droite et de gauche au pied de l’histogramme de part et d’autre. Cela a pour effet, côté gauche d’assombrir légérement votre image et du côté droit, elle sera éclaircie. Ne pas dépasser le pied de l’histogramme de part et d’autre car vous perdriez des informations… Contrairement à ce qu’il est bien souvent dit et écrit, je vous conseille avec DPP, d’ajuster l’exposition avant de régler les niveaux. Pour vous aider dans vos réglages, je vous conseille d’activer la visualisation des zones écrêtées (disponible depuis la version 3.2)

Fig.11

Travailler sa courbe

L’autre point important à connaître, concerne la modélisation de la courbe des tons. Pour vous aider à comprendre son fonctionnement, je vous ai concocté un petit ensemble de captures on ne peut plus parlantes ;-) La Fig.5 vous présente le principe de base, alors que les figures suivantes (Fig.6, 7, 8 et 9) mettent en images les cas basiques. Observer bien le changement d’allure de l’histogramme en fonctions des situations.

Le principe

Fig.5

Rendre plus lumineux
Les tons moyens voient leur luminosité augmenter.

Fig.6
luminosite_plus.png

Rendre plus sombre
Les tons moyens voient leur luminosité diminuer.

Fig.7
luminosite_moins.png

Contraster
Par rapport à l’image ci-dessus, les hautes lumières se voient augmenter. Ceci se caractérise par un décalage des HL vers la droite. Logique…

Fig.8
contraste_plus.png

Adoucir
Par rapport à l’image ci-dessus, les hautes lumières se voient diminuées et les basses lumières étalées. Dans ce cas, il aurait été bon de ne pas toucher aux HL. C’est ce que nous allons voir en dernier.

Fig.9
contraste_moins.png

Cas concret
Nous avons placé des points au dessus de la zone sombre et nous les avons tirés vers le haut pour éclaircir cette partie. Le point le plus à droite a été posé pour éviter de trop influencer les HL. Comme vu au paragraphe précédent, il ne faut pas uniquement se fier à l’histogramme et dans ce cas, la photo non retouchée est bien plus pertinente…

Fig.10
Cas_Concret.png

L’onglet RVB

Pour tout ceux à qui les termes « Histogramme« , « Niveaux » et « Courbe des tons » sont inconnus ou vagues, vous trouverez à la suite de ce paragraphe quelques explications qui peuvent s’avérer fort utiles…

L’espace RVB est composé de 2 parties. L’une dédiée à la retouche de la courbe et une autre composée de curseurs réglables reprenant les mêmes fonctions (aux titres évocateurs…) que celles disponibles dans l’onglet Raw.

Fig.1 L’onglet RVB et les 2 espaces de réglages

En vous plaçant sur la courbe et en cliquant sur le bouton droit de la souris, un menu apparait et vous propose 2 types de sélections.

* RVB ou Luminance: en choisissant Luminance, les modifications n’affecteront pas la couche RVB. Cela signifie que les couleurs ne sont pas modifiées. En mode RVB, elles peuvent être affectées. Mais l’expérience démontre que le mode RVB est plus cohérent.
* Courbe ou Rectiligne: Détermine le type de modelé de votre courbe…

Assist. Courbe Tonalité

Correspond à la fonction couleurs automatique de photoshop. Représenté par une série d’icônes – DPP_Courbe Auto – l’ « Assistant Courbe Tonalité » règle automatiquement la tonalité des couches R (rouge) V(verte) B(bleu) de l’image. L’icône de gauche donnera un effet modéré, alors que celui du centre offrira un réglage plus prononcé. Le bouton de droite permet de revenir aux paramètres iniciaux. Corrige aussi « automatiquement » la balance des blancs… Ces réglages interférants seulement sur les couches RVB, la courbe (en noir) reste modulable. C’est un avantage non négligeable.

Personnellement, j’utilise parfois ces réglages pour vérifier s’ils peuvent être pertinents, quitte à parfaire le résultat en plaçant quelques points sur la courbe.

Réglage Courbe Tonalité

Contrairement au paragraphe précédent, ici il n’y a pas d’automatismes. La balance des blancs s’ajuste de par le bouton . Une pipette prend la place du curseur de votre souris. Cliquez sur une zone qui devrait être neutre sur votre photo. Choisissez un gris ou un blanc. L’effet sera le même.

Remarque: La correction de la BdB n’est pas compatible avec l’« Assistant Courbe Tonalité »

Travailler la courbe

Pour corriger les couches de couleurs composante par composante, il suffira d’activer les boutons tour à tour. A moins que vous ne soyez un expert mieux vaut ne pas les utiliser et laisser faire l’assistant de Tonalité si le besoin s’en fait sentir.
Le bouton permettra de revenir à un réglage plus classique influent sur toutes les couches à la fois.

Pour créer une point sur la courbe, effectuez un clic sur celle-ci. Pour supprimer un point, cliquez sur s’il est seul sinon faites le glisser vers un autre et il sera alors supprimé. Petite restriction de DPP, vous ne pourrez pas placez plus de 8 points sur la courbe.

En savoir plus

Paru en juin 2009, la première édition de DPP pour les photographes est disponible aux Edition Eyrolles en version ebook.

DPP pour les photographes


DPP pour les photographes

DPP pour le Photographes est le premier ouvrage en français sur le sujet.
Informations: Aux Éditions Eyrolles – Par Sébastien Abric – 118 pages – 15€

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18 commentaires pour le post “Développer ses fichiers Raw avec DPP (Onglet RVB)”

  1. phil13 says:

    merci pour cette petite leçoc d’ utilisation de dpp
    une question :
    j’ ai un 400D et photoshop
    dans la mesure ou apparement ,photoshop fait le plus souvent mieux que dpp, a quoi ca me sert de passer par le raw et dpp, plutot que faire du jpeg et photoshop ( en dehors de la balance des blancs )
    ou alors je me sers de dpp uniquement pour convertir mon fichier raw afin que je puisse l’ ouvrir dans photoshop ??
    mais dans ce cas , autant parametrer mon boitier pour qu’ il ne fasse pas de correction ( imate brute du capteur ) mais en jpeg et ensuite photoshop diretement
    merci pour votre éclairage

  2. Seb says:

    Bonjour,
    Shooter en RAW ne permet pas seulement de modifier la balance des blancs. le fichier RAW étant codé sur 12 bits, il contient plus d’information qu’un jpeg en 8 bit qui en plus est compressé.

    Si vous ne faite pas de grosses modifications sur vos fichiers et que vous imprimez seulement des 10*15, le Jpeg suffit (et encore…). Par contre, en cas de violent contres-jours (par exemple), vous Jpeg après correction sera de moins bonne qualité que votre RAW.

    L’idéal pour ces cas, c’est de shooter en RAW, déveloper votre fichier avec DPP en format Tiff 16 bits et éventuellement finir le travail avec Photoshop.

    Vous travaillerais alors avec Photoshop sur un fichier Tiff 16bits (non compressé et qui est moins sensible aux diverses manipulations qu’un Jpeg). Une fois vos corrections finies, vous passerez en "mode 8bits" pour ensuite enregistrer votre fichier en Jpeg. :)

    En résumant:
    – Peu de retouches et impressions en 13*18 -> Shoot en Jpeg ok
    – Des retouches importantes (Balance des blancs, récuperation de l’exposition…) -> Traitement sous DPP. Si satisfaisant pas besoin Photshop -> enregistrement en JPEG.
    – Des retouches tres importantes (Balance des blancs, violent contre-jour…) -> Traitement sous DPP + enregistrement en Tiff 16 bits si besoin de Photshop. Après traitement sous photoshop, passage en "Mode 8 bits" puis enregistrement en Jpeg.

    En principe le Jpeg est format de fin workflow destiné à l’impression ou à la mise sur Web.

    De plus, lorsque vous faite des mofications sur votre jpeg d’origine, vous ne pourrez jamais revenir en arriere et votre fichier d’origine est perdu! Avec le Raw, il est IMPOSSIBLE d’y ecrire dessus…on ne peut que le développer ! Si vous trouvez que DPP est trop "juste" dans ses parametrages, testez Lightroom ;)

    Regardez ici pour en savoir un peu plus sur le Raw http://www.volkergilbertphoto.co... et aussi ici. Le livre de Volker "Développer ses fichiers RAW" est aussi une très bonne prise en main de ce type de format ;)

    Au besoin, n’hésitez pas.

    Seb

  3. valentino says:

    Bon article trés interressant… mais je pense qu’il ya une petite erreur ( de frappe ou de relecture ), Dans Annexe histograme, les légende qui accompagne le premier shema il ya au n petit mélange ( ton foncé couleur rouge, ton moyen couleur verte et tont claire, couleur bleu ) si je me fis au shéma…les légende ne corresponde pas …

    Bye Val

  4. Seb says:

    Bien vu Val ;-)

    Voilà, c’est corrigé.

    Cet article était l’un des premiers et il me faudrait peut-être le remettre au goût du jour :-) Mais il reste tout de même d’actualité.

    Seb

  5. tofee says:

    je suis une novice (veuillez m’excuser si ma question parrait idiote)mais sur le RVB je n’ai pas les réglages automatiques ils n’apparaissent pas j’ai juste les cases suivantes qui apparaissent:RVB R V B pour corriger manuellement est ce normal ??comment faut il s’y prendre pour avoir accès aux réglages automatiques (mes photos sont aux formats JPG qualité haute/fine)merci

  6. Seb says:

    Bonjour,

    Sachez qu’il n’y a jamais de questions idiotes… :-) Tout d’abord, qu’elle version de DPP utilisez-vous ?
    Dans les dernières versions, on trouve ces fonctions juste au dessous du nom de l’onglet:
    Assist. courbe tonalité.

    Amicalement

    Seb

  7. christian says:

    bonjour

    les explications sont intéressantes et je voudrais etre sur d’avoir bien compris :

    + as t’on intéret à resserer en largeur l’histogramme jusqu’en limite des pixels
    - sur ddp on peut aussi deplacer en hauteur l’axe du bas et le « plafond » : est ce utile voire pertienent ?
    merci

  8. Seb says:

    Bonjour,

    1/ En général, oui, mais certaines photos ne s’y prêtent pas car le contraste s’en trouve augmenter. Mais à 85% il est préférable de resserrer les seuils pour avoir des noirs plus profonds et des blancs éclatants. Mais attention, c’est à pratiquer dans l’onglet RVB. Resserrer les seuils dans l’onglet raw n’a pas le même effet. Dans l’onglet raw, il faut se mettre en pied de courbe, mais seulement pour le noirs (à gauche de l’histogramme)

    2/ L’effet est souvent désastreux. Je n’y touche jamais.

    Sébastien

  9. bauchet says:

    Je possede la version 3.4 de DPP.
    en JPEG , dans l’onglet RVB , le curseur de netteté est toujours au mini qu’elle qu’ait été le mode de prise de vue ( auto ou P avec règlage netteté à 7 par ex )
    Ceci m’oblige à regler le curseur sur 250/260 pour avoir des photos nettes .
    Est-ce normal ?
    Canon ne répond pas .

  10. Seb says:

    Bonjour,

    Pour des photos en format Raw ou Jpeg ?

    Si elles sont au format Raw, la netteté se fait de part l’onglet RAW. Pas la peine d’en rajouter avec l’onglet RVB.

    Si elles sont au format Jpeg, le boîtier a déjà effectué l’accentuation. En rajouter de manière excessive peut provoquer des effets disgracieux…

  11. bauchet says:

    En JPEG .
    en fait DPP , n’est peut être pas fait pour du JPEG .
    TTES mes photos apparaissant dans DPP ne sont pas nettes , le curseur de netteté de RVB étant toujours au mini .
    Si je télécharge sur ZoomBrowser les mêmes photos sont nettes .
    Ceci se produit en mode auto comme dans les autres modes même si j’ai règlé sur le boitier la netteté au maxi ( 7 )

  12. Seb says:

    Il faut regarder les images à 100% pour juger de la netteté.

  13. Charles Moulliard says:

    Bonjour,

    Encore un tout grand merci pour les notes publiées sur ce site. Ma question est peut-être stupide mais est-il possible avec l’histogramme des couleurs dans DPP de modifier uniquement une zone assombrie d’une photo ? Si ce n’est pas possible, est-ce qu’un logiciel comme lightroom permet de le faire ou tout autre ?

    • Seb says:

      Bonjour,

      Rassurez-vous il n’y a pas de questions stupides ;-) Non, DPP ne permet de réaliser des correction locales. Pour cela il faudra se tourner vers Lightroom, Photoshop, Gimp, Paint Shop ou Lightzone pour ne citer que les plus connus. Voir même Capture Nx ou des plugins pour lightroom tels que Viveza par exemple qui eux, sont utilisables dans un flux de production avec DPP:
      Utiliser Viveza comme éditeur externe de DPP

      Mais attention, sauf dans le cas d’un contre-jour évident, il est de bon ton (et naturel) de laisser des ombres :-)

      Seb

  14. Charles Moulliard says:

    Merci bcp pour la réponse. Je viens de faire un test Viveza avec DPP 3.6.1. C’est exactment ce que je recherchais. Le résultat est excellent. Ce qui serait c’est que l’on puisse sélectionner une zone non plus de manière circulaire mais en définissant les points de la zone (rectangle, trapèze, …) que l’on souhaite retravailler. Est-ce que le livre « DPP pour les photographes » est basé sur la version DPP 3.6 ?

    • Seb says:

      Oui, l’ebook est basé sur la version 3.6 de DPP.

      Pour la sélection par détourage ou création d’une zone Photoshop, LightZone et PaintShop le permette. Lightroom utilise un pinceau pour peindre les zones à corriger, tout comme Capture Nx.

      Sachez qu’avec Viveza, on peut placer des points sans leur apporter de corrections pour inhiber l’effet d’un autre point sur certaines partie. C’est très intuitif. Vous trouverez des supports de qualité sur le Web sur le sujet.

      Seb

  15. François says:

    Bonjour,
    Merci pour vos conseils très utiles. Question complémentaire : ai-je un moyen de corriger une surexposition très locale (ex. une moitié de visage trop éclairée, sans toucher au reste de la photo qui est correctement exposée) ?
    Merci pour votre réponse.

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