Attention, race en voie d’extinction

nov 30, 2008 11 Commentaires

Il est une espèce en voie de disparition sur terre qui n’est soutenue ni par GreenPeace, ni par le WWF ou autre association écologique : ce sont les photographes.
Menacés tout comme les agences photos par de nouveaux prédateurs appelés microstocks… Ne pouvant compter que sur eux-mêmes et semble-t-il lâchés par l’état, la crise financière risque de laisser bon nombre d’entre-eux piégés par le raz-de-marée du numérique. Le statut de Photographe professionnel est-il sur la sellette ?

Késako ?
Les microstocks sont ces agences qui proposent des lots de photos « libres de droit  » moyennant le paiement d’un forfait (à l’unité, par lot, ou dans le temps!). Là où un professionnel cède une partie de ses droits pour 80 à 90 euros pour un cliché, ces nouvelles structures les cèdent pour 1 euro ! Profitant des milliers de photographes amateurs à la recherche de reconnaissance ces banques d’images sont à même de proposer des millions d’images ! À 1E, imaginez ce que ça peut rapporter :-) Seulement, ça ne rapporte qu’à leur concepteur car statistiquement, vous avez plus de chance de gagner au loto que de vivre de vos clichés par ce biais.

Résultat, les véritables agences photo souffrent de cette concurrence déloyale et au travers d’elles, c’est toute la profession qui en pâtit, les photographes inclus !

Il faut aussi savoir qu’une bonne partie de ces images sont utilisées par des graphistes et que votre cliché risque de se retrouver bien dénaturé…
Alors réfléchissez-y  à deux fois avant de céder vos images à des microstocks, car si le but est un jour d’être professionnel, il se pourrait que vous fassiez croquer à votre tour :-(

L’UPC au Salon de la Photo
Pour interpeller le grand public et le ramener à leur cause, l’UPC a tenu deux conférences lors du précédent Salon de la Photo de Paris. Sur le site Photographie.com vous trouverez la vidéo de la conférence du samedi 15 novembre et celle du dimanche 16 novembre. D’ailleurs, cette dernière est un peu plus courte mais particulièrement synthétique et résume parfaitement le mal être de la profession. Vous découvrirez le ma être concernant les droits d’auteur et qui est DR. L’année dernière j’avais participé aux Rencontres Photoshop de Marseille et le discours était déjà très proche de celui-ci ;-)

Ou trouver des infos ?
Pourquoi  l’UPC ne met-il pas en ligne un barème officiel ? L’UPC est une association libérale et pour cette raison, il est préférable qu’elle ne diffuse pas sur le Net des tarifs qui pourraient la faire accuser d’entente illicite…

Mais si vous voulez en savoir plus et notamment comment monnayer vos créations, (attention, ce n’est pas toujours simple) rendez-vous sur le site d’Eric Delamarre.

Mais si l’on en est là, c’est aussi que le statut de photographe n’est pas clairement déterminé et selon votre activité, vous êtes considéré comme un auteur (déclaration Agessa) ou comme un artisan (déclaration Ursaff)… Il reste du travail.

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11 commentaires pour le post “Attention, race en voie d’extinction”

  1. Seb says:

    Sur le même sujet :
    http://blog.aube-nature.com/?2008/11/30/299-pour-une-photo-equitable&cos=1

    Réflexions pertinentes.

    Faites le savoir et lancez le débat autour de vous :-)

  2. Seb says:

    Et hop, encore un lien sur ce sujet épineux.

    http://blog.lepeupledeleau.fr/wp-content/uploads/2008/11/photo-equitable.pdf

    Sur le Blog de Laurent, vous trouverez un PDF relatant la position de l’agence BIOSPHOTO.

    A lire et à diffuser sans modérations !

  3. Stephan says:

    Bonjour,

    Je travaille pour un studio graphique spécialisé dans les créas marketing internet, nous sommes de grands consommateurs de ce type de photos, pour rester compétitif sur nos tarifs nous ne pouvons pas nous permettre d’acheter des visuels trop chers, certains photographes peuvent s’y retrouver en mettant à dispositions de nombreuses photos, c’est aussi un moyen simple de vendre pour des gens qui n’ont pas toujours la possibilité d’être diffuser autrement (je sais c’est moyen comme argument ça…)
    Pour apporter de l’eau à vos moulins, sachez que l’achat d’un visuel sur ces sites ne signifie en rien l’achat de l’exclusivité et du coup le risque de retrouver la même photo ailleurs est très important. Sinon nous utilisons les trois sites de stock photos qui sont sur la capture google de Sébastien, et ça me fait de la peine de te le dire Seb, mais la magnifique bannière de ton blog utilise un visuel (bien retravailler soit) provenant de istock photo…(il n’y a pas que des photos sur ces sites vous y trouverez aussi des illustrations, des vidéos)

  4. Seb says:

    Héhé,

    Stef, c’est pour ça que je t’ai interpelé. Je voulais avoir ton avis.

    Le sujet n’est pas forcément simple, mais il faut être vigilant.

    Sincèrement, je pense que ces pseudos agences sont suffisamment achalandées. Donc, il faut leur dire Stop.

    Le problème c’est que le photographe possédant un statut d’artisan se fait assassiner par l’URSAFF et celui qui est photographe auteur subit la concurrence de ces Microstocks.

    Sans une prise de conscience à tous les niveaux, le photographe professionnel va mourir dans une lente agonie. Il faut être aussi prêt à payer le prix.

    Les agences d’illustration et de graphisme pourraient aussi avoir cette démarche vers leur clients en expliquant les 2 solutions:
    – Un produit plus cher de 90 Euros car il permettra de sauver les photographes
    – Un produit moins cher de 90 Euros (sur leur budget ça représente a peu pres 5%) et ils vont tuer la profession. Ce n’est peut-être pas dans leur intérêt à long terme.

    Ne serait-ce pas une valeur ajoutée ?

  5. Stephan says:

    je te rejoints, je propose déjà cette option à certains de mes clients, mais je te laisse deviner leur réponses…franchement sur 20 clients si un me demande une Guetty (plus sympa avec les photographes je pense au vu des tarifs)c’est le bout du monde, sans vouloir être trop pessimiste je ne pense pas que les choses évolues trop de ce coté, j’ai presque envie de te dire qu’il y a plus de chance que l’urssaf change son fusil d’épaule.
    la faute au numérique ça…c’est un peu la machine à vapeur des photographes, ça va en laisser un bon nombre sur le carreau…

    se serrai intéressant d’avoir le point de vu d’un photographe qui vends son travail sur un site de stock …

    voila maintenant on pourrai toujours proposer des créas éthiques, genre créa bio ou commerce équitable, faudrait faire un label, le seul problème c’est que je devrais faire cohabité les deux, créa éthique et créa disons, heu, moins éthique ;)

  6. Cédric Girard says:

    N’oubliez pas non plus qu’il existe plusieurs marchés de l’illustration (remarquez que je n’ai pas écrit « photo » !)

    L’illustration web est un « nouveau » marché (en tout cas comparé à la presse magazine et l’édition) qui répond à des besoins spécifiques, ne serait-ce que par la définition des images usitées, leur durée de vie en publication (qui peut être de plusieurs années), et enfin la notion de volumétrie (mesurée en trafic web), bien difficile à évaluer par ailleurs par le vendeur (même s’il existe des outils relativement fiables désormais… mais ne fonctionnant qu’avec les sites qui font plus de 1500 visiteurs/jour environ !)

    En clair, je pense (sincèrement) qu’il y a une place quelque part pour les microstocks, pour tout ce qui est image informelle, genre jeune cadre dynamique aux dents blanches, poignée de main, planche détourée sur fond blanc, texture, et… En clair : tout ce qui touche l’illustration web « commerciale » !

    Le hic est que le marché traditionnel vient piocher dans ces stocks et que ces derniers, surtout, ne respectent pas les règles en vigueur et plus particulièrement la loi européenne et française !!! Et ce impunément.

    C’est bien là le cœur du problème : deux poids, deux mesures ! D’un côté les photographes pros qui sont soumis à des contraintes fiscales, sociales et juridiques (droits d’auteurs, droit à l’image, etc…) et de l’autre, des pseudo agences qui s’affranchissent TOTALEMENT de tout cela en faisant du dumping et en cassant un marché déjà fragile !

    La solution n’est pas universelle, car d’un côté vendre une image quelques euros pour le web ne contentera jamais un photographe pro (d’autant que le risque de la voir repompée ailleurs n’est pas nul – je sais de quoi je parle !!!) et de l’autre, les magazines, agences de comm’ et maisons d’éditions tirent au plus bas les prix, et vont chercher les photos là où elles sont les moins chères « malgré » les limites juridiques du système et surtout, malgré un risque majeur au niveau qualitatif, pas tant lié à la qualité du visuel mais à ce qu’il est censé représenter (très courant en photographie animalière ou d’animaux domestiques, il suffit de feuilleter les torches-c… qui s’approvisionnent dans ces pseudo agences pour voir des bâtards nommés bergers allemands, des sphynx avec des poils, des maine coons qui sont des norvégiens, des birmans appelés chats sibériens, j’en passe et des meilleures…)

    La force des agences traditionnelles et des photographes spécialisés réside dans leur capacité à fournir des photos répondant à la demande. Chose que les microstocks ne savent pas faire dès que l’on touche à des spécialités, et c’est sur ce point à mon avis, qu’il faut communiquer ;-)

  7. Gilles says:

    Ce que je pense, au risque de passer pour un agitateur, c’est que, pour tout produit, il y aura toujours du consommable et du haut de gamme. Un photographe dont le talent est universellement reconnu aura sûrement moins de mal que nous autres qui faisons des images banales.
    D’un autre côté, je pense que les photographes pros ont également une très grosse part de responsabilité dans la situation actuelle car beaucoup d’entre eux ont été plus préoccupés par la rentabilité à court terme (peut on les en blâmer ? bien sûr que non, il faut bien vivre et pouvoir payer les charges) et n’ont pas vu venir le vent du changement. Certains ont même eu une attitude méprisante vis à vis de la masse des photographes « du dimanche » et se sont dit, à tord, qu’ils n’avaient rien à craindre. On en voit le résultat aujourd’hui.
    Je suis même certain que ça va recommencer dans le cadre de la convergence photo/vidéo, parce que les pros ne sauront pas se départir de leur attitude habituelle, en profitant de l’opportunité pour montrer la différence entre du travail de pro et le reste, et se laisseront noyer par une déferlante de productions du dimanche.

  8. Stéphane says:

    Bonjour,

    juste quelques mots, je suis pro depuis 25 ans, je vis assez bien de la photo, je travaille uniquement sur commande et je n’ai jamais fait une photo d’illustration de ma vie.

    Le métier de photographe illustrateur est mort depuis une dizaine d’années avec les regroupements des grands fonds photo (Getty, Corbis…) Les microstocks exploitent la naiveté d’amateurs plus ou moins bons, ils présentent tous des images similaires, stéréotypées et très « américaines » et elles ont un très gros problème, elles ne représentent jamais le produit (au sens large du terme) du client.

    En tant que pro, je ne me vois absolument pas concurrencé par ce genre d’images ni par ce genre de « confères ».

    Je partage donc l’avis de Cédric mais je serai plus pessimiste que lui, pour moi l’illustration générale, c’est mort, d’autant plus que de plus en plus de graphistes font leur propres images et souvent avec talent.

  9. Seb says:

    Bonjour Stéphane,

    Voilà un commentaire encourageant. C’est un avis que je partage, mais il faut rester vigilant.

  10. Yttrium says:

    Quand la photographie enfonce les grilles des jardins du Luxembourg
    Yttrium

    IMAGES & LIBERTES

    LANCEMENT DU GROUPE DE TRAVAIL SENATORIAL DEDIE A LA PHOTOGRAPHIE ET AUX PHOTOGRAPHES

    Dans le contexte de la discussion en loi de Finances 2008 de la mise en oeuvre du passeport biométrique, plusieurs sénateurs, membres de la Commission des Finances, ont mis en garde le Gouvernement sur les conséquences économiques, sociales et politiques de ce projet pour les photographes.

    Philippe Marini, le Rapporteur général du Sénat et Michèle André, rapporteur spécial sur les titres sécurisés se sont engagés à plusieurs reprises, par voie d’amendement à soutenir
    « l’économie photographique » en France, et à tenter de rééquilibrer l’offre des opérateurs privés face à une « nationalisation » non concertée de la prise de vue des photos d’identités. Par ailleurs, les difficultés rencontrées par les organisations professionnelles du secteur pour faire entendre leur voix et faire comprendre aux pouvoirs publics que 8000 emplois étaient en jeu, ont mis en lumière une nouvelle fois, l’absence de reconnaissance politique des métiers de l’image et de la photographie ; qu’ils concernent la création, le photo-journalisme, l’illustration, les artisans photographes ou encore les industries de la photographie… Elles démontrent également qu’il devient urgent de replacer la photographie au sein des discussions politiques.

  11. Yttrium says:

    LA GÉNÉRATION NUMÉRIQUE VOUS SOUHAITE LA BIEN VENUE MONSIEUR MITTERRAND.

    MOBILISATION EN ARLES
    L’UPC, Freelens et la Saif ont lancé l’appel « Sauvons la photographie » qui a aujourd’hui recueilli plus de 12 000 signatures. Nous vous remercions de tout cœur pour votre soutien.

    Une lettre a été adressée à Mme la Ministre de la Culture pour lui demander la réunion d’états généraux de la photographie destinés à évoquer l’ensemble des problèmes soulevés par notre appel et bien sûr tenter d’y apporter des solutions. Aucune réponse ne nous a été faite… Mais depuis, Mme la Ministre a été remplacée par une personnalité unanimement respectée dans le monde des Arts et Lettres, M. Frédéric Mitterrand. Nous allons nous adresser à lui de toute urgence, car bien entendu, rien n’est réglé, tout reste à faire.

    De plus, nous avons adressé un courrier à tous les députés et sénateurs afin de les informer des problématiques de nos métiers. Plusieurs dizaines d’entre eux nous ont manifesté leur soutien, et plusieurs ont posé des questions sur ce sujet au gouvernement.

    Les problèmes demeurent et s’accentuent, donc notre mobilisation continue ! Nous sommes déterminés à nous faire entendre et nous comptons sur vous pour assurer le succès des actions prévues.

    En accord avec la direction des rencontres d’Arles avec laquelle nous sommes en contact étroit, nous allons organiser un certain nombre d’interventions durant la semaine du 6 au 12 juillet.

    Nous nous rassemblerons chaque jour vers 12 h 30 à la conférence de presse qui se tient 34 rue du Docteur Fanton. Des gilets de couleur jaune portant la mention D.R. vous seront distribués. La conférence commence à 11 h 30 et s’achève entre 12 h 30 et 13 heures. À la fin de celle-ci nous nous adresserons à l’auditoire et aux journalistes présents, puis nous nous rendrons en manifestation vers la Place du Forum à 300 mètres. Là, nous ferons un freeze, c’est-à-dire que nous nous immobiliserons sur place comme des statues pendant 5 minutes, tandis qu’un de nos membres invitera les passants à se joindre à nous pour cette « glaciation » et expliquera au mégaphone les raisons de notre mobilisation. Vers 13h, chacun devrait avoir retrouvé sa liberté et vaquer à ses autres occupations.

    http://www.upc.fr/actualites.php?actualite=133

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