Nikon D4

jan 09, 2012 Pas de commentaire

Fièrement annoncé ce vendredi matin, nous avons eu la chance de participer à l’introduction de ce boitier au Club Confair à Paris. Si la salle n’est pas des plus grandes, elle était presque pleine, ce qui confirme que l’annonce de ce nouveau boitier suscite la curiosité journalistique, même si certains étaient déjà dans la confidence…

Des chiffres…

Fort du succès de l’introduction du Nikon One, la firme japonaise applique la même recette pour la présentation du D4 : petite musique qui va bien, puis on commence par poser les chiffres pour se congratuler, et cela n’est pas démérité, vu la conjoncture…

Bilan : Nikon est la deuxième marque d’appareils photo sur le segment des compacts et des reflex (à moins de 2 % du leader…). Position qui reste inchangée, mais avec une progression qui reste tout à fait honorable qui porte Nikon à moins de 2 % du leader sur le marché des reflex ! Enfin, la performance est méritoire, surtout quand on se rappelle le contexte : Tsunami, inondation de l’usine de production thaïlandaise…

L'usine de Nikon, noyée sous les terribles inondations qui ont mis à mal le pays cet automne. (Crédit Noppatjak pour NikonRumors)

Le Nikon One, justement, permet à Nikon de rafler la première place du segment des appareils compacts à objectifs interchangeables, et cela tout juste en 10 semaines. Il faudra toutefois prendre la mesure de ces chiffres après un laps de temps un peu plus important. En effet, Nikon a tout de même bénéficié de l’effet de nouveauté, d’une campagne de pub très présente et des fêtes de fin d’année qui ont du peser sur ces bonnes données.

Mais revenons-en au Nikon D4…

La bête…

Comme avec chaque génération d’appareil haut de gamme, on voit poindre un nouveau processeur. Le D4 n’échappe pas à la règle et c’est à la 3ème génération de l’Expeed que sont confiées toutes les opérations nécessaires au traitement de l’image, tant en photo qu’en vidéo. C’est notamment grâce à lui que le D4 tient la cadence de 10 images/seconde (11 sans AF), pilote le nouveau module de détection de scènes — RVB 91K photosites — et monte à une sensibilité de 204 800 ISO, tout en assurant la gestion des 51 collimateurs autofocus.

Coté autofocus justement, si l’on reste bien sur la base du module Nikon Multi-CAM 3500FX, celui a évolué pour une réactivité et une détection beaucoup plus sensible. Parmi les 51 collimateurs (utilisables avec des objectifs ouverts jusqu’à f/5,6), les 15 collimateurs en croix sont conservés, et 11 d’entre eux offrent une détectivité jusqu’à f/8. En d’autres mots, là où vous ne pouviez pas utiliser l’AF avec votre 500 f/4 et votre doubleur, avec le Nikon D4, ce sera possible !

En revanche, c’est au nouveau capteur de scène RVB 91K photosites qu’ait confié la gestion du suivi du sujet, l’analyse de la mesure de lumière (exposition) et de sa source (balance des blancs). Grâce au passage de 1000 à 91 000 pixels, le Nikon D4 se permet le luxe d’introduire la notion de détection des visages. Mais attention, Canon annonce un module équivalent avec lui, 9000 pixels de plus… Pour les essais que nous avons pu en faire, la mise au point en mode LiveView s’est avérée particulièrement performante et rapide en comparaison de ce qui se fait actuellement, et ce, malgré des conditions pas toujours des plus favorables… C’est toujours ça de pris.

Ça tourne !

La vidéo est vraisemblablement le secteur où Nikon devait faire son retard par rapport à la concurrence et notamment Canon pour ne pas le citer.

Nikon D4 surmonté de son microphone stéréo ME-1

On voit enfin arriver le standard 1080p avec la possibilité d’un enregistrement sur carte pour des séquences inférieures à 29,59 minutes** et sans limitation via une connexion HDMI. Pour les connaisseurs, les vidéos dites brutes de capteurs sont en 4.2.2 alors que celles sauvegardées sur carte le sont en 4.2.0, soit deux fois moins de points de couleurs dans le sens vertical. La sauvegarde se fait en MOV avec un codec H264. Rien que du classique dans ce domaine. En 1080p on pourra avoir une fréquence maximale de 30 images/seconde avec un pic à 60 images/seconde en 720p.

Ci-dessous la vidéo réalisée avec le Nikon D4 et présentée à la conférence de presse

** Exporter vers l’Europe un appareil capable d’enregistrer des séquences supérieures à 30 minutes impose d’être taxé plus fortement que si l’on exporte un appareil qui enregistre des séquences inférieures en temps (c’est aussi une question d’images/secondes). Ce qui explique que les APN ne dépassent pas cette durée. Maintenant, rares sont les prises exigeant une période d’enregistrement aussi longue…

Flux et connectivité…

Terme bien connu dans le monde des logiciels de post-traitement, le flux de production commence en fait, dès la prise de vue. Son optimisation consiste à passer le moins de temps possible entre la réalisation des photos et leur diffusion, sans omettre toute la phase de référencement, d’amélioration et par la suite d’archivage.

Dans ce but, Nikon à penser faire gagner du temps en donnant la possibilité de renseigner certains champs IPTC juste avant la prise de vue, puis en s’appuyant sur des solutions de transfert de données éprouvées et rapides comme une connectique Ethernet en base 10/100 et en option un module sans fil (WIFI) WT-5. Ce dernier relativement discret offre, en sus du transfert de données et le pilotage à distance, l’option serveur FTP et connexion via iPhone et/ou iPad…

Le panneau des connectiques du Nikon D4, avec en haut à gauche celle permettant l'adjonction du module WiFi WT-5

Rélexion…

Il n’est pas rare de voir associé la sortie d’un boitier numérique à celle d’un évènement sportif majeur, et les Jeux olympiques sont idéaux sur ce point. Surfant sur la mauvaise réputation des boitiers Canon et surtout de leur AF, Nikon espère avec le D4 enfoncer le clou et grappiller les quelques parts de marché qu’il lui manque pour devenir le numéro un. Mais la tâche sera ardue, car Canon avec l’annonce de son 1Dx a pris un peu d’avance, tant sur le plan technique (capteur 18 Mpx, mesure de scène sur 10k pixels, 61 collimateurs AF, 12img/s…) que sur l’effet d’annonce. Là où le D4 le devance (sur le papier), c’est pour la disponibilité, présentée pour le mois de février.

Pour autant, la marque au logo noir et jaune ne s’avoue pas vaincue et table sur sa maitrise de la mesure de lumière et la précision de son autofocus pour faire la différence. Là où justement, Canon est attendu avec ses préconfigurations d’AF…

Ce ne sont pas les seuls arguments pesant en faveur du D4, le ré-agencement des commandes et son poids allégé, même de seulement 80 g par rapport au D3s montre ô combien Nikon veut rendre son boitier agréable à utiliser et cherche à ce qu’il soit le prolongement le plus naturel de l’âme du photographe. Ce sont des éléments qui font aussi que l’on apprécie de travailler ou pas avec un boitier.

Le tout nouveau capteur CMOS made in Nikon...

Mais une question subsiste. Si l’on sait que Canon maitrise la conception des capteurs CMOS, on ne connait pas vraiment la mesure de Nikon à concevoir ce type de produit. Oui, le 3Ds est un champion des hautes sensibilités, mais qu’en est-il vraiment de ce nouvel imageur de 16,2 millions de pixels ? Est ce que le rapport lissage/piqué sera aussi bon ? Quid de la dynamique ? Si nous avons pu essayer un boitier de pré-série et visualiser par nous même le rendu, l’écran arrière reste trop petit pour juger correctement du bon comportement de ce capteur.

Petite comparaison visuelle de dos du Nikon D4 et de celui qu'il remplace : le Nikon D3s

En tout état de cause, est-ce que cela sera suffisant pour décider les possesseurs d’un Nikon D3s de casser leur tirelire ? La crise n’aidant pas, nous jurerions que leur nombre va être restreint…

Nikon D4 - Objectif Nikon 70-200 f/2.8 - 200 ISO - 185mm - 1/2500 - f/5.6 -Crédit ©Corey Rich

Néanmoins, les professionnels du sport ou de la chasse animalière pourraient voir leur taux de déchets amoindris. Ne serait-ce que grâce au dopage du capteur Multicam 3500FX. Le nouvel obturateur donné pour 400 000 déclenchements étant dans ce créneau presque anecdotique…

A savoir, à lire…

Le Nikon D4 sur le site Nikon.fr, c’est par là. La sortie, c’est le 16 février 2011 au tarif officiel annoncé de 5799 €.

Télécharger la notice technique du Nikon D4

 

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