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VISA 2010… à suivre

De retour de Perpignan, je vais vous livrer mes impressions pour cette cuvée 2010 de VISA. Ayant pu jouir vendredi dernier d’une superbe journée. Bien chaude, comme sait en produire le mois de septembre dans cette région du sud de la France. Heureusement, les ruelles sont bordées de hautes bâtisses et l’ombre est facile à trouver… Quel bonheur de prendre son déjeuner à l’ombre d’un platane, juste au pied des escaliers de la chapelle du Tiers d’ordre.

Après un repas léger bercé par l’accent hispanique et anglo-saxon de mes confrères, je me suis aventuré dans à monter les quelques marches qui me séparaient de mon premier choc visuel.

Du beau…

J’avais eu le nez fin… Attablé à 12H00 précise, je me suis trouvé alors à la bonne heure pour apprécier (sans se serrer les coudes) paisiblement l’exposition de Danielle et Olivier Föllmi, « Sagesse de l’humanité ». Je suis resté réellement bouche bée devant certaines images. Il y avait tout : la netteté, la couleur, la douceur et surtout de la profondeur. Profondeur amplifiée par le texte qui accompagne chacun des clichés. Chaque phrase étant une pensée fondamentale d’un grand maitre de la sagesse de tout horizon.

Non loin de là, juste à une calade de pierre, on trouve l’Eglise des Dominicains. L’antre est vaste et héberge ici 4 expositions. C’est là que les organisateurs ont choisit de placer un tirage géant (en fait tirages assemblés…) de Michael Nichols représentant un gigantesque Séquoia avec quelques malheureux bûcherons  qui l’escaladent. Ils paraissent proportionnellement si ridicules… Malgré leur imposante stature, ces vieillards de parfois plus de 2000 ans (pour 90 mètres de haut), sont la proie de la guerre du bois… A l’heure actuelle, il ne resterait plus que 5% de la forêt originelle…

La photo de cet enfant qui se tourne vers le photographe, les yeux noyés de larmes par la mort de ses moutons m’a profondément ému. On pouvait sentir sa présence tellement sont expression était forte. Sans rage, sans haine, mais pleine de dépit.

Ceinturant l’intérieur de l’église, vous trouverez aussi des sujets tels que « Nous avons foi en Dieu » ou « Derrière le rideau : échos des ultimes bastions communistes », « Bangkok de tous les dangers ». Si ma mémoire est bonne, c’est dans cette série que l’on trouve un jeune enfant qui se tourne vers le photographe. Ses yeux sont noyés par les larmes. On peut lire dans son expression, une profonde tristesse mais aussi de l’incompréhension et beaucoup de résignation. C’est ça, saisir l’instant juste. J’ai vraiment été marqué par ce cliché. Il m’a bouleversé.

De la rigolade…

Après cette première mise en jambe, direction le couvent des minimes. Placé sur le haut de la ville, ce cloître qui date du 17ème, renferme le noyau dur de VISA.

Après avoir traversé une grande cour ensoleillée (pas un seul centimètre d’ombre, si ce n’est celle de 2 ou 3 marches d’escalier), une petite entré sur la gauche vous happe vers l’intérieur du couvent. Avant de poursuivre, un petit café pris dans la cour du couvent est de mise. Ce petit entracte terminé, je reprends mon chemin.

Ce jeune garçon souffle dans le vagin pour renforcer la fertilité de cette vache…

Ici, plus d’un quinzaine d’auteur exposent. Vous en trouverez de toutes les tendances. Du noir et blanc, à la couleur, du sujet de société, à la catastrophe naturelle en passant par la guerre, tout les vents de l’actualité sont cloitré (sic) ici.

Je ne serai pas honnête de vous dire que tous m’ont emportés. Mais j’avoue un faible pour Kazuyoshi Nomachi et Andrea Star Reese. S’il est des clichés du premier qui m’ont mis en admiration mais qui m’ont aussi fait sourire, ceux d’Andrea Star sont bien différents, mais beaucoup apprécié son exposition et notamment l’ambiance retranscrite.

Dur, dur…

Abandonner le couvent sans passer par le premier étage serait comme déguster une tarte aux fraises sans les fraises…

C’est à ce niveau que l’on trouve l’ensemble des photos du World Press Photo. Âmes sensibles s’abstenir. En effet, je tiens à alerter ceux qui ne sont jamais allés à VISA, ici les photos peuvent vous choquer et je ne vous invite pas à y aller accompagner de jeunes enfants. La mort, le sang et la détresse sont largement présents. Mais c’est aussi le travail du photo-reporter. Montrer cette partie sombre du monde : guerre, lapidation… Rien n’est caché. On en vient à se demander comment ces photographes arrivent à dormir après avoir été les témoins de telles horreurs. Il faut être solide pour endurer et oser s’aventurer à montrer ça.

Âmes sensibles s’abstenir…

Fin…

Malheureusement, ayant assisté toute la matinée à des conférences, le temps que j’avais de libre ne m’a pas laisser l’occasion de poursuivre ma visite de VISA 2010. Je vous invite donc à vous rendre sur le site officiel pour préparer votre prochaine destination : Perpignan ! Sachez juste que cette semaine est la dernière semaine ouverte au public (jusqu’à dimanche 12 septembre).

Prix et Visa d’Or

Lors des soirées de la semaine passée, de nombreux prix et des Visa d’Or ont été remis. Consultez cette page pour connaître les heureux gagnants. En complément, Benjamin Favier (Le Monde de La Photo) vous présente le gagnant du prix France24-RFI décerné au meilleur Webdocumentaire.

VISA 2010

Pour sa 22e édition, VISA pour l’image innove peu. Mis à part le nouveau workshop « Transmission pour l’image», la recette du festival reste inchangée, et l’on aurait tendance à penser que c’est bien ainsi. Reconnu internationalement, VISA n’a pas à surprendre pour faire parler de lui : l’important se trouve dans le contenu.

Du 28 au 5 Septembre : Semaine professionnelle

Lors de la première semaine, si les expositions sont ouvertes au public, c’est aussi le moment privilégié où les professionnels peuvent discuter entre eux, rencontrer les agences et se retrouver autour des différents rendez-vous programmés lors de cette semaine (CF le calendrier). Tout se déroule principalement au Palais des congrès et l’accréditation est de rigueur. Cette accréditation est à télécharger sur le site Web de VISA, à renvoyer par Fax ou email, puis à retirer dans le hall de l’Hôtel Parms (18 rue Émile Zola), moyennant finance. Pour ma part, je pense y trainer le vendredi… Attention, pour l’heure, aucun évènement n’est programmé avant le mercredi.

Du 30 au 4 septembre : Soirées projections

C’est lors de ces soirées que seront remis les VISA d’or (les 2, 3 et 4 septembre). Tenues au cloitre Campo Santo, les projections seront retransmises sur la place de la république du 2 au 4 septembre. Vous assisterez à chaque fois à 2 mois d’actualité de l’année passée, puis un sujet plus ou moins médiatisé sera proposé. Pour plus de détails, consultez la page Web dédiée du site VISA.

Du 13 au 17 septembre : Semaine scolaire

Pour la seconde année consécutive, la troisième semaine du festival sera plus spécialement réservée aux groupes scolaires. Grâce à la collaboration de CLEMI des élèves de la région vont pouvoir s’appuyer sur des professionnels de l’information pour découvrir VISA. Des supports sont à disposition des enseignants et plusieurs photographes professionnels se tiendront disponibles pour animer ces visites. Une très bonne initiative !

Les Webdocumentaires… ça tourne

Cette année, le prix France 24 – RFI primant le meilleur Webdocumentaire est à nouveau à l’ordre du jour. L’année dernière, pour la première édition, c’est le journal Le Monde qui s’était vu décerné le prix avec son documentaire sur les prisons : Le corps incarcéré.

Cette année, ce sont 9 nouveaux Webdocumentaires qui vont s’affronter. Le grand gagnant se verra remettre son prix (8000€) lors de la soirée de projection du 1 septembre.

Les 9 nominés sont :

L’application iPhone

Pour vivre avec son temps, on notera la possibilité de télécharger l’application iPhone VISA 2010

Des photos, des photos…

Les expositions présentant le travail de plusieurs dizaines de photographes seront ouvertes au public du 28 août au 17 septembre avec une priorité aux groupes scolaires lors de la dernière semaine. Aucune accréditation n’est utile et les expositions sont gratuites et réparties dans de hauts lieux de la ville ancienne de Perpignan. Si vous aimez les cartes postales, les posters de coucher de soleil, venez découvrir autre chose à VISA.

Vous y verrez des clichés parfois chics, mais souvent chocs, qui ne pourront vous laisser insensible. À la vue de ces images, vous aurez ce qu’une célèbre pub décrit comme le double effet Kisscool : un effet émotionnel et un que je qualifierai de plus technique. Je me souviens l’année dernière, d’une photo d’un homme hurlant sa souffrance avec son frère mort, ensanglanté dans ses bras et les bombes qui explosent dans l’arrière-plan.

VISA, c’est le choc des photos et de l’émotion, beaucoup d’émotions…

Cette photo était véritablement poignante. J’avais eu pour réflexe de me transposer dans la scène en me demandant comment on doit bien pouvoir vivre une telle situation. Dans un contexte si difficile, on peut comprendre que cet homme ait ensuite envie de prendre les armes. J’avais été bouleversé. Une fois le choc émotionnel passé je m’étais cette fois-ci mis à la place du photographe. L’image était parfaite : cadrage (grand angle), profondeur de champ et justesse du moment. Il faut véritablement faire preuve de sang-froid et être un véritable professionnel pour faire abstraction de tout ce qu’il y a autour de soit. À cet instant, je me suis dit que photoreporter était un sacré métier. Des clichés comme ça, vous produisant cet effet, il y en a des centaines à Perpignan.

Sources

– Le site Web VISA

– Tout sur les Webdocumentaires concourant pour le prix France 24 – RFI

– L’application iPhone VISA 2010